Sté Louis Vuitton Malletier, Axa corporate solutions, Allianz marine et aviation et a. c/ Zust Ambrosetti SPA, Sté Sear Spa et a.  

Cour de Cassation

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(N°JTL CNA502CC - Droit civil - Procédures civiles) :
Allianz
COMM. A.M.

COUR DE CASSATION

Audience publique du 16juin 2009
Cassation partielle

Mme FAVRE, président

Arrêt n° 562 F-P+B+R

Pourvoi n° Z 07-16.840

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, FINANCiÈRE ET ÉCONOMIQUE. a rendu l’arrêt suivant:

Statuant sur le pourvoi formé par:

1°/la société Louis Vuitton Malletier, société anonyme, dont le siège est 2 rue du Pont Neuf, 75001 Paris,

2°/ la société Axa corporate solutions assurance, société anonyme, dont le siège est 4 rue Jules Lefèbvre, 75009 Paris,
3°/la société Allianz marine & aviation nouvelle dénomination sociale SA Allianz gobaI corporate & speciality (France), société anonyme. dont le siège est 23-27 rue Notre-Dame des Victoires, 75002 Paris,

4°/ la société CNA Insurance company Iirnited, société anonyme, membre de la CEE, dont le principal établissement en France est 37 rue de Liège, 75008 Paris,

5°/la société Covea Fleet, société anonyme, venant aux droitsde la société Mutuelles du Mans assurances lARD venant aux droits de Wintherthur assurance, dont le siège est Tour Wintherthur, 92085 Paris La Défense cedex et actuellement 160 rue Henri Champion, 72035 Le Mans,

6°/ la société XL lnsurance company Iimited, société à responsabilité limitée, membre de la CEE, ayant son principal établissement 48/50 rue Taitbout, 75009 Paris,

7°/ la société Les Lloyd’S de Londres David Tomkins Syndicat 1009,

8°/la société Lloyd’S de Londres John Spicer Syndicat 839,

9°/ la société Lloyd’S de Londres Joseph England Syndicat 2488,

représentés toutes trois par la société Lloyd’S France, société par actions simplifiée, et ayant toutes trois leur sièges 4 rue des Petits Pères, 75002 Paris,

contre l’arrêt rendu le 24 mai 2007 par la cour d’appel de Versailles, dans le litige les opposant:

1°/ à la société Zust Ambrosetti SPA, société de droit italien, dont le siège est Via Toffetti 104, 20139 Milan (Italie),

2°/ à la société Sear Spa, société de droit italien, dont le siège est 7 avenue Rigola, 20139 Milan (Italie),

3°/ à la société Eurotrama Trasporti di Marini Tiziano & C, dont le siège est Via Cogozzi 9, 38062 Arco (Trento),

4°/ à la société Helvetia assurances, Cie Suisse d’assurances, (branche transport), société anonyme, dont le siège est 2 rue Sainte Marie, 92400 Courbevoie,

5°/ à la société Calberson Europe lie de France, société anonyme, dont le siège est Cap Ouest, 7-9 allée de l’Europe, 92110 Clichy-la-Garenne,

défenderesses à la cassation

Les demanderesses invoquent, à l’appui de leur pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt;

Vu la communication faite au procureur général;

LA COUR, en l’audience publique du 19 mai 2009, où étaient présents : Mme Favre, président, M. Potocki, conseiller rapporteur, Mme Lardennois, conseiller doyen, M. Bonnet, avocat général, Mme Molle-de Hédouville, greffier de chambre;

Sur le rapport de M. Potocki, conseiller, les observations de la SCP Bouliez, avocat des sociétés Louis Vuitton Maiietier, Axa corporate solutions assurance, Allianz global corporate & speciality, Cna lnsurance company limited, Covea Fleet, Xl lnsurance company limited, Les Lloyd’S de Londres David Tomkins, Lioyd’S de Londres John Spicer et Lloyd’S de Londres Joseph England, de Me Le Prado, avocat des sociétés Zust Ambrosetti Spa, Sear Spa, Helvetia assurances et Calberson Europe lie de France, les conclusions de M. Bonnet, avocat général, et après en avoir délibéré conformément à la loi;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que la société Louis Vuitton Malietier (la société Vuitton) a confié à la société Caiberson Europe lIe de France (la société Caiberson) le déplacement, au départ de Cergy-Pontoise et à destination de magasins italiens, de colis d’articles de maroquinerie vendus aux conditions EXW à la société LVMH Itaiia Spa; que la société Caiberson s’est substituée la société lntertranscol, qui a transporté les colis jusqu’au centre routier de Viliefranche-sur-Saône, où la société Eurotrama transporti di marini, affrétée par la société Zust ambrosetti spa, a pris en charge la remorque dans laquelle ces marchandises ont été ensuite volées; que la société Vuitton et les assureurs qui l’avaient indemnisée ont assigné en paiement du préjudice causé par ce sinistre la société Calberson et son assureur, la société Heivetia assurances (la société Heivetia), qui ont elles-mêmes appelé en garantie les sociétés Zust ambrosetti, Eurotrama trasporti di marini et leurs assureurs, dont la société Sear spa;

Sur le moyen unique, pris en ses première et deuxième branches:

Attendu que la société Vuitton et ses assureurs font grief à l’arrêt d’avoir déclaré irrecevable leur action et de les avoir condamnés solidairement à rembourser à la société Calberson et à la société Helvetia la somme de 346 507,75 euros, alors, selon le moyen:
1°/ que l’article 11.3.2 du contrat d’assurance stipule, sous l’intitulé : clause d’assurance des intérêts du vendeur/de l’acheteur, que le présent contrat garantit également les intérêts de l’assuré lorsqu’en vertu d’un con h-at de vente, charge est laissée au vendeur ou à l’acheteur d’assurer les facultés durant leur transpoît et, en particulier, sous un point b), que la garantie est acquise lorsque, les facultés ayant été avariées, perdues ou volées, l’assuré ne peut en obtenir le règlement de son vendeur ou de son acheteur; qu’en retenant, pour décider que les assureurs de la société Vuitton n’étaient pas tenus d’indemniser leur assuré du vol des marchandises transportées aux risques de l’acheteur, que la section 11.4 à laquelle renvoyait la section 1.2 de la pollce d’assurance n’était pas intitulé: assurances subsidiaires comme annoncé, mais: clause programme, bien que la garantie soit acquise à la société Vuitton qui affirmait ne pas avoir reçu paiement du prix des marchandises, la cour d’appel a violé l’article 1134 du code civil par refus d’application, ensemble l’article 1251 du code civil, l’article L. 121-12 du code des assurances et l’article 31 du code de procédure civile;


2°/ que l’article 11.3.2 du contrat d’assurance stipule, sous l’intitulé : clause d’assurance des intérêts du vendeur/de l’acheteur, que le présent contrat garantit également les intérêts de l’assuré lorsqu’en vertu d’un contrat de vente, charge est laissée au vendeur ou à l’acheteur d’assurer les facultés durant leur transporl, et, en particulier, sous un point b), que la garantie est acquise lorsque, les facultés ayant été avariées, perdues ou volées, l’assuré ne peut en obtenir le règlement de son vendeur ou de son acheteur; qu’en retenant, pour décider que les assureurs de la société Vuitton n’étaient pas tenus d’indemniser leur assuré du vol des marchandises transportées aux risques de l’acheteur, que la section 11.4 à laquelle renvoyait la section 1.2 de la police d’assurance n’était pas intitulé: assurances subsidiaires comme annoncé, mais: clause programme, bien que la garantie soit acquise à la société Vuitton qui affirmait ne pas a voir reçu paiement du prix des marchandises, en exécution de l’article 11.3.2 précité, la cour d’appel en a dénaturé les termes clairs et précis; qu’ainsi, elle a violé l’article 1134 du code civil,

Mais attendu que c’est par une interprétation souveraine, exclusive de dénaturation, que l’ambiguïté de ses termes rendait nécessaire, que la cour d’appel a retenu que la police d’assurance, souscrite par LVMH Fashion group pour son propre compte et pour celui des sociétés membres ou filiales, ne prévoyait de garantie, en ce qui concerne les risques de transport, que pour les biens de l’assuré voyageant à ses risques ou quand la charge de l’assurance lui incombe ou lorsque l’assuré a un intérêt assurable transporté et que ni la société Vuitton, ni les assureurs ne sauraient utilement se référer aux autres cas évoqués au dernier paragraphe du 1-2 de la section i de la police qui renvoient à une section IV intitulée non pas: assurances subsidiaires comme annoncé mais: clause programme; que le moyen n’est pas fondé;

Et sur le moyen, pris en sa troisième branche:

Attendu que la société Vuitton et ses assureurs font encore le même grief à l’arrêt, alors, selon le moyen, que la commission de transport est indépendante du contrat de vente des marchandises transportées comme du contrat d’assurance des marchandises transportées souscrit par le vendeur; quW s’ensuit que le principe de l’effet relatif des conventions s opposait à ce que le commissionnaire de transport et son assureur puissent se prévaloir des effets de la police d’assurance quant aux droits et obligations des assureurs, pour soutenir qulls seraient dépoui’vus d’intérêt à agir en responsabilité des pertes ou avaries; qu’en subordonnant la recevabilité de leur action à la condition qu’ils soient tenus d’indemniser la société Vuitton du vol des marchandises transportées, la cour d’appela violé l’article 1165 du code civil, ensemble l’article 31 du code de procédure civile;

Mais attendu que c’est à bon droit, s’agissant de la subrogation légale invoquée par les assureurs de la société Vuitton, que l’arrêt retient qu’il leur appartient de démontrer qu’ils étaient tenus contractueilement de régler l’indemnité invoquée en exécution de la police d’assurance; que le moyen n’est pas fondé;

Mais sur la auatrième branche du moyen:

Vu l’article 1250 du code civil,

Attendu que la subrogation conventionnelle de l’assureur dans les droits de l’assuré résulte de la volonté expresse de ce dernier, manifestée concomitamment ou antérieurement au paiement reçu de l’assureur, qui n’a pas à établir que ce règlement a été fait en exécution de son obligation contractuelle de garantie;

Attendu que pour déclarer irrecevable l’action des assureurs de la société Vuitton, l’arrêt, après avoir constaté qu’ils se prévalent de la copie de la lettre chèque, de la dispache et de la police d’assurance en vertu de laquelle ils indiquent avoir procédé à l’indemnisation de cette société ainsi que de l’acte de subrogation daté du même jour que le chèque pour s’estimer fondés à revendiquer le bénéfice de la subrogation conventionnelle prévue par l’article 1250 du code civil, retient qu’il importe toutefois de démontrer qu’ils étaient tenus contractueilement de régler l’indemnité invoquée en exécution de la police;

Attendu qu’en statuant ainsi la cour d’appel a violé le texte susvisé;

Et sur la cinquième branche du moyen

Vu l’article 1165 du code civil•

Attendu que pour déclarer irrecevable l’action de la société Vuitton, l’arrêt retient que les biens transportés dérobés ne voyageaient pas aux risques de la société Vuitton et qu’il n’est pas justifié d’une cession de droits de la société LVMH ltalia spa au profit de la société Vuitton

Attendu qu’en statuant ainsi, alors que le contrat de vente et le contrat de transport étant indépendants, le transporteur ou son assureur ne peuvent se prévaloir des effets de la vente quant aux droits et obligations du vendeur, la cour d’appel a violé le texte susvisé

PAR CES MOTIFS:

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu’il a rejeté des débats les conclusions du 20 février 2007 de la société Louis Vuitton Malletier et de ses huit assureurs, l’arrêt rendu le 24 mai 2007, entre les parties, par la cour d’appel de Versailles ; remet, en conséquence, sur les autres points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles, autrement composée;

Condamne les sociétés Calberson Europe lie de France, Helvetia assurances, Zust ambrosetti et Sear spa aux dépens;

Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes;

Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l’arrêt partiellement cassé;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du seize juin deux mille neuf.







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