Interview Philippe Bilger - 4 Juillet 2006
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Monsieur Bilger, la Cour de Cassation s'est récemment prononcée dans des affaires de piratage sur internet, la cour d'appel de Paris sur un fournisseur d'hébergement et d'outil de publication de contenus, le projet de loi "DADVSI" vient d'être adopté, que vous inspirent tous ces événements judiciaires et que représente pour un magistrat le réseau Internet ?

Philippe Bilger: Je vous remercie d'avoir pensé à moi pour cette interview. Je ne suis pas certain d'être un bon interlocuteur dans la mesure où je relève d'une culture toute entière fondée sur l'écrit et ses richesses. Non pas qu'à force je ne me sois pas rendu familier de l'internet. Je suis devant cet outil magnifique comme un enfant qui s'émerveille, qui ne sait pas comment cela marche et qui, au fond, n'a pas besoin de le savoir.

Je n'ai jamais vraiment réfléchi aux problèmes complexes évoqués. J'use de cette modernité mais elle ne m'interpelle pas au point de susciter en moi un vaste débat sur ses limites, ses virtualités et la législation qui lui conviendrait.

Quel cadre légal pensez vous devoir appliquer pour la publication sur internet ?

Philippe Bilger: Poussé dans mes retranchements, je raisonne par analogie. J'ai tendance à vouloir, pour internet, un cadre législatif dont l'adaptation se calquera sur celui de la presse écrite. Solution de facilité ou non, il me semble qu'on s'orienterait vers des démarches trop complexes si on cherchait à développer une législation aussi particulière et "moderne" que l'est ce formidable outil de communication. J'analyse plutôt celui-ci comme le niveau le plus récent d'une volonté d'expression qui, hier, avait d'autres supports.

Aussi, conséquence logique, je ne suis pas partisan d'ajouter sans cesse de nouvelles contraintes. Je vois les risques inévitables de l'internet comme la rançon d'une modernité qui est d'abord une avancée enrichissante. On retrouvera donc, à ce sujet, la même nécessité de liberté et de vigilance, de spontanéité et d'esprit critique, d'avancées intellectuelles et de retraits prudents.

Et la responsabilité dans tout ça ? Selon vous, peut-on tout dire ou montrer sans rien encourir ?

Philippe Bilger: Comme pour la presse écrite, on a le droit de tout penser sur l'internet mais on n'a pas le droit de tout dire et de tout diffuser.

Comment le magistrat que vous êtes voit les nouvelles technologies ?

Philippe Bilger: Je les vois comme la preuve suprême de la ductilité du droit. Rien de ce qui est nouveau n'échappe à la loi. Sa modernité est de tous les temps.

Aller sur le blog de Philippe BILGER






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