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Informations
employeur
Vous
souhaitez rompre le contrat de travail avec un de vos salariés.
Vous devez vous poser certaines questions qui détermineront la
stratégie qui vous permettra de limiter, voire d'éliminer,
les suites contentieuses.
Détermination
du profil de l'employé
Vous
devez en premier lieu connaître le salarié. Vous devez
vous procurer son contrat de travail (ou lettre d'embauche) et la
Convention Collective du secteur.
1.
Est-il en période d'essai? Il suffit de regarder la
Convention Collective du secteur et le contrat de travail. La période
d'essai permet de se séparer de son salarié facilement
en respectant néanmoins certaines règles.
2.Quelle
ancienneté a-t-il? Si le salarié est embauché
depuis plus de deux ans, ses droits sont différents. Il a par
exemple droit à la convention de reclassement personnalisé
en cas de licenciement économique. Plus l'ancienneté
sera importante, plus les risques courus sont grands. La faute grave
par exemple est quasiment impossible à démontrer - sauf
circonstances exceptionnelles - pour un salarié très
ancien.
3.
Quel poste occupe-t-il? Le niveau de responsabilité
procure des avantages en terme de salaire et impose une part
d'autonomie. En outre, certains postes sont plus sensibles que
d'autres (comptabilité, marketing).
4.
Le salarié a-t-il plus ou moins de cinquante ans? Ce type
de salarié est "super protégé". Le
coût d'un licenciement sera exhorbitant (préjudice
important en cas de procès perdu).
5.
Le salarié est-il dans une période protégée?
S'il s'agit d'une femme, est-elle enceinte? L'employé est-il
en arrêt de travail? En arrêt maladie?
6.
L'employé a-t-il reçu des avertissements?
Attention, des avertissements peuvent venir bonifier un dossier ou au
contraire le dégrader fortement. Les avertissements doivent
correspondre à une réalité. Ils doivent être
motivés et ne pas être à répétition.
Il est absurde d'avertir quinze fois la même personne. Les
avertissements doivent être suivis d'effets. Dans le cas
contraire, il faut licencier la personne. Attention! Il ne faut pas
confondre avertissement et sanction. La mise à pied est une
sanction qui doit être minutieusement préparée
comme le licenciement. En outre, ne pas confondre mise à pied
et mise à pied à titre conservatoire. Cette dernière
est exclusivement réservée à la procédure
de licenciement pour faute grave.
Choix
du motif
Le
licenciement doit reposer sur un motif présentant un caractère
réel et sérieux. Réel en ce qu'il correspond à
une réalité et sérieux à savoir que son
importance justifie la rupture du contrat de travail. Il existe
quatre types de motif:
1.
Le motif économique est le plus connu. L'employeur ne plus
maintenir le poste en raison des difficultés économiques
qu'il rencontre et doit supprimer le poste. Il convient de ne pas
embaucher de personnel ayant le même profil que le salarié
licencié lequel pourrait alors démontrer la fiction du
motif économique. Il faut noter qu'en pratique, c'est
quasiment le seul moyen de rompre le contrat de travail d'un
représentant syndical.
2.
L'inaptitude est envisagée lorsque le salarié ne peut
plus occuper son poste à la suite d'un accident ou d'une
maladie et qu'aucune possibilité de reclassement n'existe.
Attention, seule la médecine du travail permet de dire si le
salarié est inapte. La sanction en cas de ratage est au moins
un an de salaire brut à titre de réparation du
préjudice.
3.
La faute est souvent utilisée. Elle se décline en trois
sous-catégories: la faute légère, la faute
grave, la faute lourde. a - La faute légère permet
la rupture du contrat de travail moyennant le paiement de l'indemnité
contractuelle de rupture, le paiement des congés payés
et le préavis (effectué ou non). Elle se prouve assez
facilement. b - La faute grave est celle qui rend impossible le
maintient de la relation contractuelle. Elle s'accompagne d'une mise
à pied à titre conservatoire le temps d'observer la
procédure de licenciement. La faute grave prive le salarié
de ses indemnités et par conséquent tente beaucoup les
employeurs qui veulent se séparer à moindre frais de
leur personnel. Cette faute n'est quasiment jamais retenue par les
Tribunaux c - La faute lourde nécessite en plus
l'intention de nuire du salarié. Elle est privative de toutes
les indemnités. Cette faute n'est quasiment jamais retenue par
les Tribunaux. Il convient de respecter la procédure de
licenciement classique (convocation à un entretien préalable,
lettre de licenciement envoyé en RAR en respectant les délais,
versement des indemnités et présentation d'un reçu
pour solde de tout compte). Toutefois, le motif du licenciement doit
être soigneusement choisi et figurer dans la lettre de
licenciement qui est le SEUL acte sur lequel est fondé la
rupture du contrat. Il est impossible de préciser le motif
dans d'autres courriers (consulter
nos chroniques). Il est essentiel de consulter un avocat
spécialiste de la question afin de rédiger correctement
la lettre de licenciement. En cas de difficultés avec le
salarié, il faut essayer de transiger. Le salarié
abandonne son droit de saisir le Conseil de Prud'hommes, l'employeur
augmente les indemnités versées. Cette entente se
concrétise par la signature d'une transaction selon l'article
2044 du code civil (voir
nos chroniques). Il convient de bien rédiger la
transaction et de faire appel à un avocat.
ATTENTION
!!!
-
Le reçu pour solde de tout compte n'est pas une protection
imparable contre l'action du salarié. Celui-ci n'est pas tenu
de le signer. Le solde de tout compte doit être le plus général
possible et ne pas viser de poste d'indemnité particulier
faute de quoi il verra nécessairement sa portée limitée
aux sommes visées. - La "fouille" du disque dur
d'un ordinateur confié à un salarié à son
insu n'est pas un moyen loyal d'obtenir une preuve d'une faute
commise. Il peut même s'agir d'une atteinte à la vie
privée entrainant des poursuites pénales. - Idem
pour "l'épluchage" des courriers électroniques
du salarié comportant un contenu personnel. De même
l'examen des sites web visités par le salarié est
potentiellement attentatoire au respect de sa vie privée.
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